Violences conjugales ou descente en enfer

21 mai 2020

Bouteille à la mer

Le 21/05/2020 

Si seulement le soleil pouvait réchauffer mon cœur comme il réchauffe ma peau. IL m'a envoyé un mail pour me dire qu'une famille était intéressée, par notre maison . Que notre jardin, mon jardin qui représentait mon cœur, point négatif d'après lui, avant ses rénovations était devenu le grand plus pour la vente de la maison. Que tout le monde le disait. Cette famille est intéressée mais souhaite négocier le tarif. Bien entendu. Seulement, cette maison est déjà proposée en dessous de son prix, si on le baisse encore, il y a des risques pour que nous nous retrouvions à rembourser un bien que d'autres habiteront.

Hier, je n'avais pas le moral du tout. J'ai repensé aux nombreuses années de bonheur que nous avons connues parce qu'il y en a eu des paquets avant que sa maladie prenne le contrôle de nos vies... Tout ce que nous avons connu, tous nos rires, nos je t'aime, toutes les fois où il m'a tenu la main lors des naissances de nos enfants. Et puis la maison dans laquelle nous aurions dû passer le restant de nos vies. Cette maison pour laquelle nous nous sommes totalement investis. J'ai aimé cette maison comme je l'ai aimé, lui. Comme je l'aime encore, d'ailleurs. L'amour de ma vie. Mon âme sœur. Il n'y aura jamais personne d'autre que lui. Encore aujourd'hui, je dois lutter pour ne pas y retourner.

Tout ce bonheur qui a été mais qui s'est lentement éclipsé depuis ce matin de 2013 où il s'est réveillé en m'accusant de l'avoir trompé. J'ai envie de crier je t'aime, je t'aime, je t'aime... Pourquoi tu ne me crois pas ? Pourquoi tu ne le vois pas ?

Notre maison, symbole de notre amour, symbole de notre famille va être vendue au rabais. Lui, se réjouit pendant que je pleure. IL veut s'acheter une autre maison, refaire sa vie alors que j'arrive à peine à respirer. IL se projette dans cette nouvelle vie, comme si la notre n'avait été qu'une passade. J'ai passé ma vie près de lui, à prendre soin de lui et de nos enfants. Je n'ai rien. Pas de permis, pas de boulot, pas de logement. J'écris ces quelques lignes, un peu comme une bouteille à la mer. Aujourd'hui je souffre tellement.

Je pleurais hier soir en pensant à cet amour perdu. Et je pensais à cette fois où j'avais avalé des comprimés, juste pour oublier ma souffrance. Cette même souffrance que je ressentais aujourd'hui et c'est tellement dur de ne pas recommencer une nouvelle fois mais ce serait lâche et égoïste. Il faut que je continue, que je trouve cette force pour mes enfants qui n'ont rien demandé. 

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19 mai 2020

Le pervers narcissique ou pn

Le 19/05/2020

 

Le terme pn, pervers narcissique, fleurit un peu partout. C'est le terme à la mode. Si vous n'êtes pas victime d'un pervers narcissique, alors vous n'êtes pas vraiment une victime... C'est comme si tous les auteurs de violences étaient atteints de cette pathologie et qu'il n'existait pas d'autres explications. Mais à part être psychologue ou psychiatre, nous ne sommes pas qualifiée(s) pour établir ce diagnostic. Il y a tellement de raisons autre qu'être un pervers narcissique pour qu'une personne soit violente : pathologie psychiatrique ou encore une addiction. Pourtant rien et je dis bien rien n'excuse ou n'amoindrit le mal qu'ils nous font.

Je me souviens comment j'etais, coquille vide. Marionnette qu'il contrôlait. Je n'étais plus rien. Je n'étais plus personne. Je traversais la vie comme une simple spectatrice. Tout le monde autour de moi s'agitait, riait, vivait, existait. Je ne comprenais plus tout ça. Là souffrance était tellement importante, j'avais tellement mal que j'avais fini par n'être plus qu'une poupée dénuée de tous sentiments. Complètement vide. 

Je me souviens comment c'était quand IL s'énervait après moi. Quand je ne réagissais pas et que d'ailleurs,  poupée de chiffon vide et désarticulée que j'étais, je fuyais. Je n'entendais plus, ne ressentais plus... C'était la seule façon de supporter l'insupportable.

Pourtant IL n'est pas un pervers narcissique. 

Au final, je me dis à quoi bon chercher une explication ou un sens parce que ça ne change absolument rien à ce qu'ils nous font ou nous ont fait endurer. La violence reste la violence et notre souffrance à toutes et tous est bien réelle. Se poser toujours les mêmes questions et tenter d'y trouver des réponses leur permet d'avoir toujours une emprise sur nous, de nous contrôler. Il n'existe pas de réponse. La seule façon de se libérer, c'est de commencer à vivre et parvenir à faire d'eux un simple pion sur l'échiquier de la vie. Ils ont besoin de notre souffrance pour exister, ils s'en nourrissent et ce sont leurs seuls petits instants de bonheur. Toute leur vie, ils la passeront à se vautrer dans leur fange. La plus belle des vengeances, c'est de ne plus les laisser avoir d'impact sur nos vies

15 mai 2020

Après le départ

Le 15/05/2020 

Lorsqu'on réussit à sortir d'une relation toxique, notre entourage aurait tendance à nous dire "tu as été courageuse", "le plus dur est fait", "tu vas voir, le meilleur est à venir".

"tu as été courageuse"  Foutaises. Rien de cela n'est vrai car personnellement, je suis morte de trouille. Morte de trouille à l'idée de vivre sans lui. Vingt-cinq ans de vie commune, de projets rêvés et non accomplis, d'espoirs. Parce que l'espoir aussi tenu soit-il est toujours présent, comme une flamme vacillante qui ne nous quitte jamais vraiment malgré les décéptions à répétition. Je suis partie il y a neuf mois et j'ai toujours beaucoup de mal à imaginer ma vie sans lui. Ce qui me blesse, c'est que lui, bien qu'il y ait toujours quelques tentives pour me faire revenir, n'éprouve aucune difficulté à imaginer un futur sans moi. Il a de nouveaux  projets plein la tête tandis que moi, je rame pour maintenir la tête au-dessus de l'eau. Son plus gros soucis actuellement est de parvenir à vendre la maison. Parce qu'il faut savoir qu'il en a vu une qui lui plaisait. L'une de mes filles avaient des lumières aux yeux lorsqu'elle me l'a annoncé. Elle se projetait dans cet avenir, ce qui m'a mise en colère. Je lui ai répondu qu'il avait oublié qu'il avait encore trois jeunes enfants pour lesquels il ne versait pas un centime et qu'il ne pouvait pas juste se contenter de les prendre de temps en temps pour jouer au papa. Ce n'est pas comme cela que ça se passe.J'ai vu la lumière dans ses yeux s'éteindre et j'ai été dévastée de l'avoir blessée. Bien que je sache que j'avais raison, cela ne m'a pas empêcher de culpabiliser.

"le plus dur est fait"? Foutaises. Être parti, ne signifie pas voir la vie en rose et se dire que le cauchemar est terminé. Ce n'est pas terminé car le départ est synonyme de reconstruction. Je suis cassée de l'intérieur. C'est un peu comme être une poupée brisée en mille morceaux, il faut du temps pour recoller ces morceaux et de grosses, vilaines cicatrices boursouflées ne disparaîtront jamais. La personne que j'étais avant lui n'existe plus. J'ai été vidée de ma personnalité pour devenir celle qu'il voulait que je sois même si au final, il n'était jamais satisfait et je ne sais plus qui je suis.

"Le meilleur est à venir"? Comment ça ? Quand nous avons tout perdu, en quoi le meilleur est à venir ? Quand tellement d'années de notre vie ont passé, en quoi le meilleur est à venir ? Pour l'instant, je ne vois. J'ai l'impression d'être dans un long corridor mal éclairé et que toutes les portes sont verrouillées à clé. 

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Mon enfance, où tout a commencé

Le 15 mai 2020

Je pense avoir ma part de responsabilité dans ce que j'ai connu par la suite. Non pas que je sois coupable ni que je méritais de souffrance mais je suis persuadée que c'est la façon dont je me suis construite qui m'a menée à la suite des événements. 

J'ai vécu dans une famille aimante avec des parents à notre écoute et soucieux de notre bien-être. Mais car il y un mais, si j'avais une chose à leur reprocher, c'est de s'être justement trop centrés sur nous. Ils n'avaient aucune vie de couple, aucune vie sociale, aucun ami. Bien entendu, nous voyions régulièrement notre famille et passions nos vacances en compagnie de nos cousins. Et mis à part les vacances annuelles, nous ne faisions rien d'autre. Aucune sortie. Je sais que s'ils lisaient cet article, ils seraient vexés bien que je tente juste exposer les faits. J'aime mes parents et je les considère comme de bons parents mais ils n'auraient pas dû etre que des parents.

À l'école, j'étais mise à l'écart car j'étais différente des autres enfants. Pas meilleure, mais différente car mes centres d'intérêt divergeaient. Je partageais ma vie entre le nez dans les bouquins, qui étaient autant de vies différentes et les personnages, mes amis que j'abandonnais avec reluctance et l'environnement et la nature pour laquelle je me suis passionnée. J'observais la faune, la flore; le lien qu'ils entretenaient et leur symbiose. Je suis tombée amoureuse de la Vie. J'étais en décalage, pas à la bonne époque ni au bon endroit. Je ne comprenais pas pas les autres et cette incompréhension était mutuelle. Je n'avais pas ma place et j'en souffrais. Les enseignants pour la plupart m'ignoraient. Être ignoré et invisible est difficilement supportable car c'est un peu comme si notre être, notre personne était reniée. J'ai également beaucoup souffert en cm2. L'instituteur, également directeur de l'école appréciait particulièrement humilier les enfants. Les professeurs des autres classes le savaient mais avaient choisi de l'ignorer. Et la petite fille calme, timide et réservée que j'étais constituait une proie facile. Mes parents n'ont jamais informés. J'ai préféré me taire car j'étais encore bien jeunes et eux tous, étaient des adultes. 

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14 mai 2020

Petite présentation

Le 14/05/2020

J'ai vécu durant vingt-cinq ans avec mon grand amour. Mon amour de lycée qui m'a brisé la cœur encore et encore. À l'époque où je l'ai rencontré, je manquais terriblement de confiance en moi et l'estime que j'avais de moi-même était bien basse. Lui s'est montré tellement gentil et attentionné. D'insignifiante, j'étais devenue importante à ses yeux. Il m'avait placée sur un piédestal. Avec le recul, je me rends compte à quel point j'étais superficielle, ce que je m'a narguais de ne pas être. Pourtant, il n'a fallu que quelques mots doux pour que je saute à pieds joints dedans.

Lui aussi, traversait une période difficile avec le divorce de ses parents qui tournait au cauchemar. Et moi, j'étais là douce, à l'écoute, bienveillante. J'étais là pour lui à le soutenir. Je pense que c'est ce qui l'attirait. Il ne m'aimait pas pour la personne que j'étais, mais pour ce que je faisais pour lui. Pour ma docilité, toujours prête à lui prouver mon amour. J'étais pratique, juste pratique durant toutes ses années. Je prenais soin de lui, des enfants de la maison. Je le soutenais, l'écoutais et servais à l'occasion de punching ball émotionnel. 

Je suis partie depuis de longs mois maintenant et chaque jour, il me manque. Chaque jour mon cœur pleure. À  l'intérieur de moi, je pleure. J'oscille entre des nuits qui sont une longue suite de cauchemars et des jours où les bons souvenirs me bombardent. Il m'a brisé le cœur encore et encore et c'est toujours la même question qui me revient : pourquoi ? Pourquoi ne pouvait-il m'aimer de la façon dont je l'aimais ? Pourquoi était-il obligé de me faire du mal pour se sentir bien ? 

La violence, ne s'installe pas du jour au lendemain, mais insidieusement. Instillant le doute, la peur et l'espoir. On s'y habitue. Telle la grenouille dans une casserole et placée sur feu doux. C'est un piège qui se referme doucement sur nous jusqu'au moment où vous considérez cette vie de souffrance comme normale. C'est comme être endormi, anesthésié, paralysé. Il n'y a plus de réaction et on se contente d'encaisser toujours un peu plus. 

À travers ce blog, je tenterai de trouver le parce que et j'espère pouvoir apporter un peu de soutien aux personnes qui traversent cette épreuve. 

Des numéros et des aides à contacter : le 3919, le numéro d'écoute et de soutien qui pourra éventuellement vous diriger vers des associations locales et le Cidff de votre département pour tout le côté juridique, le soutien psychologique et une aide pour le retour à l'emploi. 

 

Posté par Libellule2714 à 18:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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